Cette publication reprend les exemples d’une conférence effectuée en 2018.


En rapport avec le SEO (Search Engine Optimization, l’optimisation pour les moteurs de recherche) nous avons déjà évoqué le mode de fonctionnement d’un moteur de recherche (crawling, indexing, ranking) ainsi que le fonctionnement de l’algorithme du PageRank et de son importance dans la recherche de liens.

Nous verrons ici l’influence de l’historique des recherches.

Imaginons un internaute tout neuf, n’ayant jamais effectué de recherches sur un moteur de recherche. L’envie lui prenne de rechercher le mot « Lotus ».

Ne sachant pas exactement ce que l’internaute recherche, le moteur de recherche va lui proposer différents choix.

La page de résultat (la SERP pour Search Engine Result Page) sera ainsi constituée (à la date du 13 février 2024) :

  1. 1.

    la page française  des voitures Lotus https://www.lotuscars.com/fr-FR

  2. 2.

    la page Wikipédia Lotus Cars en français https://fr.wikipedia.org/wiki/Lotus_Cars

  3. 3.

    la home page des voitures Lotus https://www.lotuscars.com/

  4. 4.

    puis le Knowledge panel : un ensemble de contenus agrégés. On y trouve les comptes réseaux sociaux Instagram, Twitter, Facebook, Linkedin (UK) et Tiktok des voitures Lotus.

  5. 5.

    la page Lotus hygiène lotushygiene.com

  6. 6.

    la page Wikipedia sur le lotus (la plante)

  7. 7.

    la page des montres Lotus lotus-watches.com et ainsi de suite.


Google est plus un moteur de réponses qu’un moteur de recherche.


Cette variété de réponses, permet de répondre à la variété de thèmes qui pourraient intéresser l’internaute.

Ce sont ensuite ses choix, au travers de ses clics parmi les résultats proposés, qui modèleront ultérieurement la page de résultat.


Par exemple, Supposons que notre internaute tout neuf ait d’abord choisi de rechercher le mot « jaguar ».

A quelques choses près, la SERP ressemble à ça :

Supposons maintenant qu’il préfère la voiture à l’animal. Et que dans un deuxième temps, il fasse sa recherche « lotus ».

Et bien dans ce cas, la page de résultats ne sera plus celle présentée plus haut, mais ressemblera plutôt à celle-ci.

Les moteurs de recherche s’appuient sur les recherches précédentes pour proposer à l’internaute ce qu’il recherche. C’est la bulle de filtres ou bulle de filtrage (de l’anglais : filter bubble) théorisée par Eli Pariser qui rejoint les travaux de David Chavalarias vulgarisés dans son ouvrage Toxic Data.

On notera, au passage, que le moteur fera en sorte de proposer de préférence des choses qui s’achètent (via les Google Ads, Google shoping, Bing Ads etc.) tirant la majeur partie de ses bénéfices de la publicité.

Dis-moi ce que tu recherches et je dirai quoi acheter (ou quoi croire).

Pour connaître le véritable positionnement d’un site sur une intention de recherche, il faut, soit supprimer l’historique de navigation à chaque recherche, soit faire appel à des outils modélisant la page de recherche et s’affranchissant de l’historique de navigation de l’internaute.

Par ailleurs, la finalité du SEO est de générer du trafic sur le site en question. C’est ce qu’on appelle de trafic organique (Paid Organic) en opposition au trafic payant (Paid search), celui générée par l’envoi d’email (Email traffic), de publication sur les réseaux sociaux (Social), de post sponsorisés (Paid Social) ou de site provenant d’autres sites web (Referal Traffic).

L’idée n’est clairement pas de se positionner sur une seule intention de recherche mais sur plusieurs en ciblant celles qui sont fortement recherchées et sur lesquelles on a des chances de se positionner au regard du niveau de compétition.

C’est une compétition (confrontation – affrontement) permanente pour gagner des parts de visibilité sur internet et voici une façon dont on pourrait représenter la performance SEO d’un site web sur un tout petit site - mais optimisé - de 75 pages.

Data visualisation de la performance organique d'un site optimisé - Laurent HELAINE

Les ronds verts représentent les différentes pages. Celle située dans la partie sud-ouest est la page d’accueil (home page) à laquelle sont rattachées toutes les autres. Celle-ci répond surtout à des recherches ‘brandées’, c’est-à-dire des déclinaisons autour du nom du site.

La taille des ronds est proportionnelle au trafic organique qu’elles reçoivent. En rose, ce sont les intentions de recherche sur lesquelles chacune des pages se positionnent. De même, la tailles des ronds est proportionnelle au trafic organique qu’elles drainent vers la page concernée.


On le voit, en SEO il est primordial d’avoir une approche holistique de l’influence d’un site web au risque de tomber, malgré soi, dans le cherry-picking et de tirer de mauvaises conclusions amenant à de mauvaises décisions.